Introduction
Seul le Bass à grande bouche s'est réellement acclimaté dans nos eaux, le Bass à petite bouche,d'importation américaine comme le Bass à grande bouche, dont il ne se différencie que par celle-ci, par une teinte générale plus foncée et des lignes de tâches noires disposées dans le sens vertical, ne semble pas avoir trouvé un climat favorable car il est peu présent dans nos eaux.
Les chapitre ci-contre vous permettront de connaître parfaitement le Bass et par conséquent de le leurrer plus efficacement.
BOUCHE
Le Black-bass a une très grande bouche, l'intersection des mâchoires se trouvant très nettement en arrière de l'½il, cette bouche est si grande et si large par rapport à sa taille, qu'un bass d'une livre avale facilement une belle grenouille ou une perche arc-en-ciel large de trois doigts.
La bouche comporte, comme celle de la perche française, à laquelle le bass s'apparente, une partie membraneuse très fragile qui est précisément l'endroit où l'hameçon se pique le plus souvent. Elle se déchire d'autant plus facilement qu'un des principaux réflexes de défense du bass est de sauter hors de l'eau, gueule béante et furieusement secouée.
Il est donc possible d'utiliser des leurres assez volumineux et nécessaire d'employer des hameçons forts, de fer, de section ronde (les plus grands possibles par rapport à la taille du leurre ou de l'appât naturel offert). Malgré cette précaution, il faut tenir compte, au cours de la lutte, de ce que le moindre mou dans la ligne peut provoquer un décrochage.
COLORATION
Dos vert foncé, flan vert jaunâtre allant en s'éclaircissant vers le ventre, à reflets d'argent brillant, zébrés de rayures longitudinales composées de mouchetures noires irrégulières.
On pourrait croire que ces couleurs rendent le bass moins visibles dans les herbiers mais, en fait, ces stries noires, sur fond d'un vert spécial impossible, à confondre avec le vert des herbes, horizontales comme des traits de morse, le rendent parfaitement visible et, avec un peu d'habitude, rien n'est aussi facile à repérer qu'un black-bass.
NAGEOIRES
Le bass possède une nageoire dorsale à rayons épineux et trois autres rayons épineux à l'avant de la nageoire anale.
Pour éviter tous risques de piqûres, tout simplement lui saisir avec le pouce la mâchoire inférieure, le bass est alors immobile.
TAILLE ET POIDS
Il n'existe guère dans nos eaux de bass mesurant plus de 60 centimètres pour un poids de 4 kg . Les quelques spécimens dépassant cette dimension n'atteignent sans doute pas les 7 et 10 kg des bass américains.
De toute façon, étant donné qu'un black-bass de 500 g se défend déjà magnifiquement et que plus il est gros, plus il aime à se tenir au plus épais des bancs de nénuphars et au voisinage des arbres morts immergés, il est préférable de ne jamais utiliser une ligne plus fine que le nylon en 24/100e (ASSO Dominator 6.5 kg, environ 8 euros les 150 m) ou la tresse en 16/100e (EXPERT ANGLERS 9 kg, environ 38 euros les 400 m) si l'on veut avoir quelques chances de venir à bout de ce poisson.
HABITAT
Il vit dans toutes les eaux atteignant 18 à 19 degrés au début du mois de mai. Considéré uniquement comme un poisson d'eau calme, étangs, canaux et lacs de plaine, lors de son introduction dans nos eaux, vers la fin du siècle dernier, il s'est répandu depuis dans les rivières remplissant les conditions de température appropriées, surtout dans celles qui sont pourvues d'anses et de retrait à végétation aquatique assez dense, même si le courant est assez vif.
L'introduction de black-bass dans une pièce d'eau communiquant, ne serait-ce que périodiquement, avec un canal ou une rivière de ce genre, signifie que ceux-ci seront progressivement pourvus principalement dans les secteurs ou le fond comporte des zones de sable mêlé de petits graviers propices à la nidification au moment du frai, car ce poisson, qui semble non-chaland et se déplace lentement, est constamment en quête d'un nouvel habitat.
Les black-bass vivent en bancs composés d'individus de tailles sensiblement égale, sans doute en raison d'un cannibalisme notoire. Ces bancs sont assez compacts lorsqu'ils sont petits et sont de plus en plus clairsemés au fur et à mesure qu'ils grossissent, les très gros bass rodant ou stationnant souvent en solitaires, rarement par groupes comportant plus de deux ou trois poissons, à un poste duquel s'écartent prudemment les petits.
POSTES
Grands espaces d'eau libre sur fonds nus inutile de perdre son temps.
Herbiers montant à mi-eau: possibilités de prises mais chances très moyennes.
Herbiers denses, atteignant la surface et offrant d'étroits couloirs entre des plaques épaisses : bons postes.
Bancs de nénuphars : postes parfaits.
Couloirs étroits entre une rive verticale bordés de joncs où de roseaux et un banc de nénuphars : excellent poste.
Arbre mort immergé, surtout à proximité d'un herbier ou d'un banc de nénuphars: poste à gros bass.
Couloir entre la rive et les branches baignantes d'un arbre penché : très bon poste.
Gros buisson débordant d'une rive à pic : bon poste.
Abords des rigoles : valent plusieurs coups de ligne, même s'il n'y a qu'un fond léger, car la grosse surprise est souvent possible.
Fonds légers, herbus, en gente douce, montrant, surtout sous une voûte d'arbres penchés, quelques tâches claires : postes merveilleux à partir d'avril.
NOURRITURE
Tous les petits poissons... y compris les petits bass plus grenouilles, têtards, écrevisses, crevettes, vers, larves, mol-lusques, insectes aquatiques et terrestres (et même souris et couleuvres), à la condition que ces proies soient vivantes ou semblent vivantes.
Cette diversité permet de pratiquer toutes les méthodes de pêche: au coup, au lancer et à la mouche.
Particularités
M ême si l'on utilise un appât naturel vivant habituellement sur le fond (crustacé etc...), la pêche à proximité de la surface de l'eau rapporte plus de bass que la pêche à proximité du fond.
La grenouille artificielle (la vrai étant interdite) est l'appât à gros bass par excellence, un poisson plus gros qu'un vif à perche, et plus petit qu'un vif à brochet est souvent efficace, un beau ver (vivant ou imitation), man½uvré correctement, sauve presque toujours de la bredouille totale et une sauterelle tombant à côté d'une feuille de nénuphar abritant un bass risque fort d'être happée.
Mais parmi les leurres qui, semble-t-il, devraient s'apparenter à ces appâts naturels, ce sont précisément ceux qui ne ressemblent à aucun être vivant, que les bass semblent préférer certains jours!
Et ce n'est pas là le moindre charme de cette pêche du black-bass qui permet de vagabonder sans crainte dans le domaine du « farfelus »
ACUITÉ VISUELLE ET MÉFIANCE
Si une truite file d'un trait dès qu'elle aperçoit un pêcheur, un bass agit souvent, sauf gesticulation excessive, comme s'il ignorait sa présence, rôdant sans se presser à quelques mètres de lui, ou, chose curieuse, se rapprochant parfois comme si, distinguant mal, il voulait l'examiner de plus près; ce singulier comportement est certainement à l'origine du peu de précau-tions que prennent certains pêcheurs en abordant un plan d'eau recelant des bass qu'ils croient dotés d'une mauvaise vue, ou moins méfiants que les autres poissons.
Or, si l'on s'amuse un jour à se faire repérer par les bass d'un secteur déterminé avant la pêche, puis le lendemain, dans les mêmes conditions de temps et de lieu, à prendre les précau-tions nécessaires pour ne pas être vu et si l'on renouvelle l'expérience, on s'aperçoit, malgré tout, qu'en règle générale on prend davantage de poissons lorsqu'on se dissimule.
Qui plus est, malgré leur trompeuse indolence, les plus gros bass se tiennent de préférence, comme les grosses truites fuyardes, dans les secteurs où postes de chasse et postes-refuges coïncident.
RÉFLEXES DE DÉFENSE
Première règle essentielle pour pêcher le black-bass
Chercher les herbiers et les bancs de nénuphars, non pas pour pêcher uniquement dans leurs parages mais au beau milieu et ceci d'autant plus qu'ils sont plus importants.
Or, si les touches sont plus nombreuses en ces endroits, il reste à sortir les bass de là en tenant compte de leurs réflexes de défense
Si on lui laisse le temps d'avaler l'appât naturel qu'il a saisi en surface ou entre deux eaux, il file généralement vers le profond et souvent en s'écartant de l'herbier. Mais (et ceci se produit même si l'on pêche en bateau, en lançant du large vers la rive), il cherche à y revenir sitôt ferré, son premier réflexe étant de foncer au plus épais des herbes dans lesquelles la ligne se trouve prise s'il peut y parvenir, pour y rester immobile.
Réflexe dangereux, mais pas autant qu'il n'y paraît, car si au lieu de s'affoler et de tirer par à-coups dans tous les sens, le pécheur exerce une traction patiente et continue sur la ligne, le bass cède petit à petit en refaisant le même chemin à reculons.
Intervient alors un second réflexe, beaucoup plus dangereux que le premier
Lorsque après avoir involontairement quitté la sombre cachette, il aperçoit un petit espace d'eau libre, le bass se met en travers, arqué comme un croissant, et, montant insensiblement vers la surface, jaillit hors de l'eau, mâchoires distendues. Son poids réel s'ajoute alors à la puissance musculaire de son corps qui se détend comme un arc.
C es réflexes de défense sont exactement les mêmes si l'on utilise des leurres ou des appâts autorisant un ferrage immédiat, avec la seule différence que ce ferrage intervient avant que le bass ait eu le temps de s'enfoncer profondément.
De toute façon, il convient d'établir les lignes de manière à pouvoir agir en conséquence, c'est-à-dire:
a) Ligne suffisamment solide (22 à 24/100e minimum pour le nylon, 16/100e pour la tresse) pour pêcher sans trop de risques de casse dans les eaux encombrées fréquentées par les bass.
b) Quel que soit le leurre, ou l'appât utilisé, hameçon unique, car si le bass n'a pas avalé entièrement sa proie, les montures à hameçons multiples ne sont que des «accroche-herbiers
c) Hameçon agrémenté d'un système anti-herbe à chaque fois que la chose est possible afin que le leurre puisse évoluer entre les herbes sans les accrocher.
d) Quel que soit le mode de pêche, canne solide, mais souple et nerveuse, car le meilleur moyen d'éviter les nombreux décrochages, toujours possibles au moment du saut hors de l'eau, est de travailler canne haute, en ne donnant qu'un minimum de fil au bass, seul agissant le ressort de la canne. Il convient d'ailleurs de souligner ceci:
Jouer trop longtemps avec un bass atteignant ou dépassant la livre, surtout s'il a été ferré, à la touche, c'est risquer de le perdre, presque à coup sûr. En raison de l'encombrement du champ de bataille, ce poisson doit être maîtrisé sans brutalité, mais fermement.
MÉMOIRE DES FAITS
Une perche qui se décroche entraîne définitivement toute la bande ; un bass qui se décroche ne fait fuir que momentanément ses plus proches voisins et il arrive assez fréquemment d'en prendre, quelques instants après, dans la même éclaircie d'her-bier et, plus rarement, de reprendre le soir même le bass qui s'était décroché le matin.
Il faut toutefois dire qu'il s'agit généralement dans ce cas d'un poisson d'à peine une demi-livre . Les gros bass, plusieurs fois manqués, ne s'alimentant sans doute que de nuit puisque tout ce qu'un pêcheur peut leur présenter les laisse, la plupart du temps, complètement indifférents.